21 février 2013

La soirée Open Data 2013 comme si vous y étiez

Cette semaine, la communauté Net:lab avait rendez-vous à Mutinerie pour une grande soirée consacrée à l'open data. Trois heures d'idées nouvelles, de débat et de rencontres que nous vous proposons de revivre ci-dessous.

Vous trouverez encore plus d'idées sur notre compte Twitter et le hashtag de la soirée !

8 février 2013

Mettre l’open data au service de la société

On entend de plus en plus parler d’ouverture des données publiques, mais il est parfois difficile de mesurer les avancées concrètes que permettent l’open data. Pour en finir avec les grands discours, Net:lab organise une rencontre innovante sur le thème des données : dans trois domaines du quotidien (le logement, la culture, la relation aux élus), comment l’open data peut répondre aux besoins des citoyens ? Des professionnels ? Des associations ? Des élus ?

La rencontre “Open Data 2013 : Les nouvelles idées, les pistes pour avancer” aura lieu le Mardi 19 février 2013, de 19 à 22 heures à Mutinerie. Toutes les personnes intéressées sont les bienvenues ! Inscrivez-vous ici.

Fidèle à sa méthode associant experts, citoyens et décideurs, Net:lab y présentera le travail collectif entrepris lors d’ateliers créatifs conscrés à l’open data, il y a quelques mois. La rencontre du 19 février sera organisée en trois temps :

la présentation de prototypes de services innovants utilisant les données ouvertes ;
un débat sur les enjeux concrets de l’ouverture des données. Ce moment d'échange rassemblera des acteurs politiques (comme le député Lionel Tardy) et des spécialistes de la donnée (comme Simon Chignard) ;
une rencontre avec des professionnels de l’open data autour d’un buffet.


Retours sur 2012


Premier événement de 2013, cette soirée s’inscrit dans la continuité d’une année 2012 riche pour Net:lab.

L’année écoulée, c’est bien sûr le lancement de la communauté Net:lab, qui a pour objectif de promouvoir le débat autour des sujets Internet et société. Cette plateforme de réflexion ouverte est guidée par un Comité de pilotage composé de personnalités du numérique en France (ils se présentent ici en vidéo). C’est sous l’impulsion de ce groupe d’experts que Net:lab a orienté ses premiers travaux vers les données publiques et leur mise à disposition. Nous avons par exemple publié une étude sur le sujet. L’idée ? Rendre compréhensibles pour tous les enjeux de l’ouverture des données publiques dans les secteurs du logement, de la culture et des institutions démocratiques--l’étude propose entre autres une galerie collaborative des projets open data, à ne pas rater). Net:lab anime également un compte Twitter, qui rassemble aujourd’hui près de 200 abonnés, autour de ces sujets ; nous sommes aussi présents sur Google Plus.


La méthode Net:lab


L’année 2012 aura également été une année de rencontres. Au-delà de la participation de Net:lab à des conférences comme les Data Tuesdays ou Open Data, la conférence, nous avons organisé nos propres événements.

Après quelques rencontres de préparation, nous avons proposé à quelques dizaines de personnes de participer à des ateliers collaboratifs sur le thème de l’ouverture des données publiques. Tenus à la fin du mois de novembre dans l’espace de co-working Mutinerie, ces ateliers ont rassemblé des experts des données publiques comme des thèmes concernés (logement, culture et institutions démocratiques, à la suite de notre étude). Stimulés grâce à une méthodologie ludique basée sur un jeux de cartes thématique, les participants ont identifié les « challenges » à résoudre dans chaque secteur et imaginé—par petits groupes—quelles solutions innovantes pourraient répondre à ces enjeux. Leur travail sera présenté bientôt à un panel de décideurs publics lors d’une soirée également organisée à Mutinerie, lieu émergent de la culture libre parisienne.


2013, année du développement de Net:lab


L’année 2013 sera celle du développement de Net:lab. La communauté que nous avons créée autour de l’open data va continuer de s’étendre, mais nous allons également travailler sur de nouveaux sujets, que nous vous présenterons bientôt sur ce site.
Le débat Internet et société est lancé—il appartient à chacun de nous de le faire vivre. Si vous souhaitez nous rejoindre, n’hésitez pas à nous faire signe sur Google Plus, Twitter ou en commentaire de ce billet.

30 octobre 2012

Rejoignez-nous !

Pour animer le débat Internet et Société, Net:lab rassemble des experts du secteur académique, de la société civile, du secteur privé, des institutions… et tous les internautes qui souhaitent s’y investir ! Notre Comité de Pilotage souhaite ouvrir Net:lab au maximum : nous vous invitons à rejoindre l'initiative open data en complétant ce formulaire.

Net:lab a déjà publié une étude sur l'open data (http://opendata.net-lab.fr/) et tient un compte Twitter consacré aux questions Internet et Société, avec un angle spécifique open data (http://twitter.com/net_lab). D'autres publications ainsi que des événements sont à venir.

Si vous avez des idées à proposer, remplissez le formulaire de contact et rejoignez-nous !

18 octobre 2012

Net:lab publie sa première étude !

Pour le comité de pilotage de Net:lab, qui rassemble des personnalités du monde numérique, la question de l’ouverture des données (ou open data) est essentielle pour le débat sur le thème "Internet et société". Il a donc choisi de faire de l'open data le premier sujet de travail de Net:lab, qui publie aujourd'hui en ligne sa première étude : opendata.net-lab.fr.

Le comité de pilotage a encadré un travail de collecte d'informations et de témoignages sur l'open data en France et dans le monde. Afin de pouvoir traiter le sujet en profondeur, il a décidé de limiter l'étude à trois "secteurs" : la culture, le logement, et la démocratie. Si ce secteur est très commenté par la littérature et plus généralement dans le débat autour de l’open data, la culture et le logement sont relativement moins explorés. Pourtant, dans ces domaines aussi, l’ouverture des données représente pourtant un potentiel de changement sociétal très fort !




Le travail de Net:lab sur l'open data s'organise en deux temps :

• La rédaction et la publication de notre étude, consultable sur opendata.net-lab.fr ;
• La production de scénarios innovants pour imaginer ce que sera le monde de demain grâce à l'open data.

Retrouvez donc notre premier bilan en ligne dès maintenant ! Découvrez-le, commentez-le et partagez-le sur opendata.net-lab.fr. Au cours des prochaines semaines, un travail de "prospective" sera mis en place. Notre objectif ? Produire des idées nouvelles et d'ouvrir cette réflexion à de nouveaux publics !

4 octobre 2012

Open data, la conférence (1/2) : Les grands débats de l’open data à Bercy

Comme nous l’annoncions quelques jours avant ce premier grand rendez-vous organisé par le Ministère de l‘Economie et des Finances sur le thème de l’open data, « Open Data, La Conférence » s’est déroulé à Bercy Jeudi 27 septembre (un deuxième événement est déjà prévu pour juin 2013). Très suivie, puisque plus de 300 personnes étaient présentes, la journée a permis d’effectuer un tour d’horizon actualisé des pratiques, des tendances et du futur (proche et lointain) des données ouvertes.

Des centaines personnes suivaient également la tenue des débats grâce au hashtag Twitter #odlc, notamment alimenté par le compte de Net:lab (http://twitter.com/net_lab), que nous invitons tous les lecteurs de ce billet à suivre ! Un grand nombre d’interventions s’est attaché faire le point sur la situation actuelle de l’open data. Ce fût, par exemple, l’occasion pour le professeur Nigel Shadbolt (l'un des artisans de data.gov.uk et la force motrice du projet MyData) de rappeler que la France a été, en 2011, l’un des premiers pays à publier un portail open data de grande qualité. Mais ce sont surtout les « grands débats » de l’open data qui ont également été évoqués en détail.


Anonymisation et centralisation


Sur la question de l’anonymisation des données, un consensus assez large s’est fait jour autour de l’idée qu’elle devait être la règle, pour assurer un respect maximum de la vie privée des personnes dont les données sont collectées. Pourtant, dans certains cas, les utilisateurs choisissent d’associer leur nom aux données dont ils sont l’objet (par exemple, une donnée démographique sur la taille de chaque foyer dans une région donnée)—cette option doit leur être ouverte, mais simplement par opt-in, c’est-à-dire sans en faire la situation « par défaut ».


La question de la centralisation des données n’a pas non plus suscité de vive polémique. Pour tous les intervenants, les données doivent être stockées le plus près possible de la source d’information—par exemple, sur la plateforme open data de la ville, quand elle existe, ou sur la plateforme de l’échelon de gouvernance possédant une plateforme open data directement supérieur. Le principe de subsidiarité prévaut donc, comme par exemple aux Etats-Unis : la plupart des jeux de données auxquels data.gov donne accès ne sont pas hébergés sur le site, mais simplement répliqués sur la plateforme fédérale. Cependant, lorsque les structures locales ne sont matériellement en mesure d’assurer l’hébergement des jeux de données (notamment les plus volumineux), une structure plus éloignée, mais plus solide, peut prendre le relai.


Formats et décalage culturel


Sur la question des formats, les avis sont plus divergents. Quand certains ne transigent pas et exigent que les données libérées doivent toujours être mises à disposition sous un format non-propriétaire, comme .csv, d’autres sont moins catégoriques : « le .pdf, c‘est le premier pas de l’ouverture des données, » dira un participant. Il est noté par tous que la problématique des formats est complexe et que la réflexion sur ce point n’en est que dans ses premiers stades.


Enfin, une question bien connue fait surface : l’open data est-il une opportunité ou un danger pour les institutions publiques et les sociétés qu’elles régissent ? Sur ce sujet, une ligne de fracture transatlantique semble apparaître : les américains, plus avancés dans le processus d’ouverture des données publiques, seraient également plus optimistes quant à leur potentiel pour l’avancement de la société. Si plusieurs intervenants s’impatientent de voir les plateformes open data se multiplier dans le monde de manière exponentielle, d’autres rappellent que les début du mouvement open data aux Etats-Unis, et notamment les 18 mois suivant l’ouverture de la plateforme data.gov, furent marqué par une bataille féroce des défenseurs de l’open data pour souligner ses mérites, aujourd’hui acceptés par tous.


Nigel Shadbolt, auteur d’une contribution très remarquée, soulignera plus tard que l’open data ne peut se généraliser qu’avec une bonne dose de volonté politique (ce dont il a bénéficié, avec Sir Tim Berners-Lee, au Royaume-Uni), d’expériences pratiques et donc… de temps. La bonne nouvelles pour les soutiens de l’open data, c’est qu’une fois les données ouvertes, et contrairement à ce qu’attendaient les sceptiques, aucun cataclysme ne se produit. Reste encore à faire la preuve qu’elles peuvent apporter une valeur substantielle, ce que s’attachera à faire un prochain billet !

6 septembre 2012

Une grande conférence sur l’open data le 27 septembre

Depuis la mise en place d’Etalab (au printemps 2011) et l’ouverture du portail data.gouv.fr (décembre 2011), l’administration française montre un intérêt croissant pour l’ouverture des données publiques.

L’attitude proactive de la puissance publique au niveau national est l’écho de la démarche de structures territoriales très volontaires dans le domaine de l’open data (en particulier à Rennes, Nantes, Paris, Bordeaux, Conseil Général de Soâne-et-Loire, etc.). Elle s’illustre par exemple par la tenue de quatre « workshops » en 2011 sur la libération des données publiques, la création de la communauté DataConnexions en 2012 (et du lancement de concours d’applications dans le même cadre) et les interventions publiques des membres d’Etalab comme du personnel politique sur le thème de l’ouverture des données publiques depuis 18 mois.

Dans ce contexte, le Ministère du redressement productif, la Commissaire Européenne à la Stratégie Digitale et Vice-Présidente de la Commission, Nellie Kroes, et Etalab organisent une (première) conférence sur le thème de l’open data, le 27 septembre 2012 (inscription gratuite).
Parmi les invités, des professionnels reconnus de l’open data et du numérique en France, comme Séverin Naudet, Agnès Verdier-Molinié ou Jean-Louis Missika, mais aussi des acteurs internationaux de premier plan dans le domaine, puisque qu’un représentant de l'Open Knowledge Foundation et des spécialistes de l’open data au sein des administrations américaine et britanniques seront présents (voir le programme et les invités).

On retrouve également parmi les participants Gilles Babinet, ancien président du Conseil National du Numérique—le CNNum a publié 11 propositions sur l’open data en juin 2012. Sur le site de la conférence, Gilles Babinet fait part de son désir de voir l’ouverture des données publiques améliorer la situation du logement social (« il est anomal que la gestion du logement social ne soit pas plus participative »), confirmant ses propos de fin juillet 2012 au Figaro : « le logement social bénéficierait largement de l'open data: quand vais-je accéder à un logement? Combien de gens passeront avant moi et pourquoi ?».

Le logement étant l’un des trios prismes choisis par Net:lab pour étudier l’open data en France (un état des lieux sera publié dans quelques jours), ces propos ont retenu tout notre intérêt !

16 juillet 2012

Semaine Européenne de l’open data : tout le monde partage des données

En ouvrant la dernière journée de la semaine européenne de l'open data qui se tenait à Nantes du 21 au 26 mai, le responsable du réseau européen ePSIplatform, Ton Zijlstra, demandait aux participants de s'abstraire des obstacles de la libération des données et de réfléchir à un "blue sky scenario". Qu'adviendrait-il si les données de tous les secteurs étaient de plus en libres ? Comment les données pourraient changer la donne dans le secteur public mais aussi dans les entreprises ? La conférence européenne qui clôturait cette semaine européenne s'intitulait "tout le monde partage des données". Au terme d'une journée de conférence, il est clair que le champ est immense.

L'ouverture des données : les secteurs prometteurs


Ton Zijlstra a d'abord fait un état des lieux des prémisses d'ouvertures des données au sein des entreprises. Selon lui, les secteurs les plus prometteurs pour l'open data en entreprise sont la banque, l'énergie, les télécoms et l'agroalimentaire. En particulier, le secteur de l'alimentation apparaît comme un formidable réservoir de données: chaque emballage contient des données précieuses comme le nombre de calories, la composition ou la valeur énergétique des produits. Ainsi, le projet Open Food Facts, lancé très récemment, se propose de recenser les informations nutritionnelles sur les produits du monde entier et permet leur réutilisation libre et gratuite. Le secteur caritatif passe aussi à l'open data, car la transparence est indispensable pour assurer la confiance des donateurs et optimiser la diffusion des dons sur le terrain.

Deux tables rondes ont alors rythmé la matinée avant la keynote de Daniel Kaplan suivie d’une après-midi d’ateliers pratiques.

Mieux comprendre la société avec des données


La première table ronde rassemblait des acteurs de la société civile qui mettent en place des initiatives de libération de données.

Le projet Citypulse donne un bon exemple de la puissance des projets alliant crowdsourcing et libération des données.



Citypulse s'articule en deux initiatives complémentaires :

• montre verte, un petit appareil aux spécifications ouvertes qui collecte et partage des données sur la qualité de l'air et de l'environnement lors de nos déplacements ;

• la plateforme Citypulse qui agrège les données environnementales et les standardise pour permettre leur réutilisation.

A terme, Citypulse vise à démocratiser la « veille environnementale ». Shafwan Chendeb, son fondateur, explique que Citypulse pourrait nous aider à choisir un hôtel en fonction de critères environnementaux.

International Aid Transparency Initiative aide les ONG à diffuser des données avec des standards communs. A l'heure actuelle, 809 activités sur le terrain ont été publiées représentant près de 7 milliards de £ d'aide distribués. Avec ces données, il est alors possible d’étudier la répartition sur le terrain des fonds dédiés aux ONG. Grâce à l'ouverture de ces données, le Guardian a pu publier une visualisation interactive de l'aide publique de la Grande Bretagne en 2010.


La nouvelle industrie des données personnelles ouvertes


La deuxième table ronde portait sur l'ouverture des données du secteur privé. Parmi les projets présentés, deux méritent une attention particulière car ils changent la donne dans leurs secteurs respectifs.

Open Corporates propose des données sur plus de 43 millions d'entreprises provenant des registres d'Etats américains et européens. Les possibilités d'enquête sur une telle plateforme sont infinies : connaître les fournisseurs d'un organisme public, étudier les certifications environnementales des entreprises ou enquêter sur les filiales d'entreprises étrangères.

Du côté des données personnelles, le projet Midata s'annonce aussi très prometteur. Il propose à chacun d'ouvrir mais surtout protéger ses données personnelles en définissant clairement les autorisations dont chaque application dispose. En quelques mots, Midata se définit par l'acronyme TACT : Transparency, Access, Control, Transfer. Pour son fondateur, Alan Mitchell, Midata peut avoir un impact vertueux sur les comportements des consommateurs et sur le marché. En pouvant diffuser des données jusqu'alors cloisonnées, l'utilisateur peut disposer d'applications qui lui font prendre conscience de son activité et ainsi s'observer soi-même. Les résultats sont probants : 'en disposant d'applications pour suivre et étudier sa consommation électrique, le consommateur moyen diminuait de 20% sa consommation.

Aussi, lorsque l'utilisateur contrôle la diffusion et la réutilisation de données personnelles jusqu'alors très confidentielles (banque, consommation, voire santé), il peut contrebalancer la relation de services : je décide des données que je laisse accessibles au fournisseur de service. Dans cet environnement concurrentiel, les entreprises devront prouver leur fiabilité dans l'utilisation des données personnelles pour obtenir la confiance des clients. Alan Mitchell estime que c'est une nouvelle industrie des données personnelles qui est en train d'émerger. Selon lui, elle pourrait même devenir la plus grande industrie au monde.

Les dangers de l’open data comme mouvement de niche


Lors de la keynote de cette conférence européenne, Daniel Kaplan, délégué général de la Fondation pour l'Internet Nouvelle Génération (FING), a invité le public à réfléchir à l'impact général de l'open data sur la société. Selon lui, si l’open data reste un mouvement de niche, il risque de renforcer le pouvoir des puissants (empowering the empowered). Alors qu’ « il n’est plus question de savoir si nous allons ouvrir les données mais comment », Kaplan invite à un changement de paradigme : passer de la connaissance en tant que pouvoir à la connaissance en tant qu’empowerment des citoyens.