16 juillet 2012

Semaine de l’open Data à Nantes : l’état des lieux 2012

L’open data, ou « ouverture des données publiques », est un sujet dont on parle de plus en plus. Comme le « cloud » ou la « neutralité du net », qui peuplent des magazines qu’on imagine souvent très « geek » (encore un néologisme du début de cette décennie, en français), l’open data est encore un concept mal compris—l’association nantaise LiberTIC nous en présente les idées clés dans cette vidéo de moins de deux minutes).

Pourtant, les données nous concernent tous—et existent depuis toujours. Ce qui change, depuis la véritable entrée de nos sociétés dans l’ère numérique, c’est l’échelle à laquelle il est désormais possible de générer, collecter, organiser et utiliser les données. Ce Jeudi 24 mai, en ouverture de la conférence nationale sur l’open data, dans le cadre de la semaine de l’open data de Nantes, Charles Népote (de la Fing) et Claire Galon (de LiberTIC, qui joue à domicile en Loire-Atlantique) nous présentent un état des lieux en France de ce champ prometteur.

La France « dans le peloton de tête »


2012 est-elle l’année de l’open data dans notre pays ?
Sans pouvoir clairement répondre à la question, nos deux intervenants saluent des progrès de toutes parts : la plateforme data.gouv.fr lancée, les acteurs publics locaux prennent conscience de l’enjeu « ouverture des données », la société civile s’organise et remplit pleinement le rôle d’acteur responsable dans ce processus, les citoyens eux-mêmes participent à des concours d’application qui permettent une ré-utilisation intelligente des données ouvertes…

Sans que tout ne soit rose, il est encourageant de voir que quand certains observateurs disaient craindre que la France ne soit en retard sur l’open data—certainement pour créer un électrochoc—, elle se situe plutôt dans le peloton de tête ! Ainsi, dans quelques mois, 11 des 15 plus grandes villes du pays auront ouvert leurs données ; il est en fait plus exact de dire « certaines données », puisque même dans les structures qui jouent la transparence, tout n’est pas disponible tout de suite dans un format exploitable pour des tiers, ne serait-ce que parce que la mise à disposition des données n’est pas intégrée dans les processus et les mentalités de tous les secteurs de la puissance publique.

Les données privées sont encore quelque peu en retrait, mais pas en reste ; le Parti Socialiste a par exemple mis à disposition quelques jeux et la SNCF a mené des actions sur l’ouverture des données. Pour qu’arrive le tour de la grande majorité des entreprises et des associations, il faudra pourtant attendre encore un peu.


Mais ne sous-estimons pas l’apport des citoyens eux-mêmes : avec les données co-produites (la communauté OpenStreetMap France est une des plus dynamiques au monde !) et la création d’acteurs à la fois crédibles et innovants (comme Regards Citoyens), ils prennent un rôle actif dans l’évolution de notre pays à un stade plus avancé de l’ouverture des données.

Un champ qui se structure


D’autant plus que le champ se structure : deux licences—ou formats de données—s’imposent progressivement en France (l’ODbL et la licence ouverte), ce qui permet à tous d’avoir une meilleure visibilité sur les évolutions de l’open data. Pour que le pari soit réussi, cependant, il faudra que l’implication citoyenne dont nous parlions plus haut puisse se concrétiser davantage, afin de ne pas laisser l’ouverture des données aux seuls développeurs ou à des décideurs publics, parfois réticents du fait d’un manque d’information. C’est aussi sur ce point que leurs administrés et électeurs peuvent prendre les devants !

Aujourd’hui, l’open data a surtout fait ses preuves en tant que levier de modernisation interne pour les organisations qui l’adoptent – encore une raison pour les entreprises de mettre le cap sur l’open data. D’autant plus que tous les acteurs commencent à mieux comprendre leur rôle dans le développement de l’open data en France—la communauté DataConnexions, liée à la plateforme de l’Etat data.gouv.fr, favorise cette prise de conscience, de contacts, de responsabilités.

Sauront-ils dépasser les applications mobiles, qui ont été le cœur des mises en œuvre des projets open data jusqu’à aujourd’hui, pour tenter des réalisations plus ambitieuses ? Saura-t-on également innover dans l’animation de la communauté open data, en faisant mieux que de simples concours ? Saura-t-on proposer une organisation de l’information plus intelligente et plus ouverte, par exemple en listant sur une plateforme les données pertinentes pour les utilisateurs mais hébergées par une autre structure ? Saura-t-on enfin réaliser de véritables avancées concernant l’éthique des données et sa mise en pratique ?

Les deux grands chantiers de l’open data


Au-delà de ces enjeux de moyen terme, pensons aux mois qui arrivent en considérant les chantiers les plus pressants du domaine : comment pérenniser l’open data, quels projets mettre en valeur pour assurer son succès et comment permettre son appropriation par le public ? Ce sont les thèmes que nous aborderons lors du prochain billet de résumé de l’Open Data Week de Nantes, qui fût décidément une bien belle semaine !

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