4 octobre 2012

Open data, la conférence (1/2) : Les grands débats de l’open data à Bercy

Comme nous l’annoncions quelques jours avant ce premier grand rendez-vous organisé par le Ministère de l‘Economie et des Finances sur le thème de l’open data, « Open Data, La Conférence » s’est déroulé à Bercy Jeudi 27 septembre (un deuxième événement est déjà prévu pour juin 2013). Très suivie, puisque plus de 300 personnes étaient présentes, la journée a permis d’effectuer un tour d’horizon actualisé des pratiques, des tendances et du futur (proche et lointain) des données ouvertes.

Des centaines personnes suivaient également la tenue des débats grâce au hashtag Twitter #odlc, notamment alimenté par le compte de Net:lab (http://twitter.com/net_lab), que nous invitons tous les lecteurs de ce billet à suivre ! Un grand nombre d’interventions s’est attaché faire le point sur la situation actuelle de l’open data. Ce fût, par exemple, l’occasion pour le professeur Nigel Shadbolt (l'un des artisans de data.gov.uk et la force motrice du projet MyData) de rappeler que la France a été, en 2011, l’un des premiers pays à publier un portail open data de grande qualité. Mais ce sont surtout les « grands débats » de l’open data qui ont également été évoqués en détail.


Anonymisation et centralisation


Sur la question de l’anonymisation des données, un consensus assez large s’est fait jour autour de l’idée qu’elle devait être la règle, pour assurer un respect maximum de la vie privée des personnes dont les données sont collectées. Pourtant, dans certains cas, les utilisateurs choisissent d’associer leur nom aux données dont ils sont l’objet (par exemple, une donnée démographique sur la taille de chaque foyer dans une région donnée)—cette option doit leur être ouverte, mais simplement par opt-in, c’est-à-dire sans en faire la situation « par défaut ».


La question de la centralisation des données n’a pas non plus suscité de vive polémique. Pour tous les intervenants, les données doivent être stockées le plus près possible de la source d’information—par exemple, sur la plateforme open data de la ville, quand elle existe, ou sur la plateforme de l’échelon de gouvernance possédant une plateforme open data directement supérieur. Le principe de subsidiarité prévaut donc, comme par exemple aux Etats-Unis : la plupart des jeux de données auxquels data.gov donne accès ne sont pas hébergés sur le site, mais simplement répliqués sur la plateforme fédérale. Cependant, lorsque les structures locales ne sont matériellement en mesure d’assurer l’hébergement des jeux de données (notamment les plus volumineux), une structure plus éloignée, mais plus solide, peut prendre le relai.


Formats et décalage culturel


Sur la question des formats, les avis sont plus divergents. Quand certains ne transigent pas et exigent que les données libérées doivent toujours être mises à disposition sous un format non-propriétaire, comme .csv, d’autres sont moins catégoriques : « le .pdf, c‘est le premier pas de l’ouverture des données, » dira un participant. Il est noté par tous que la problématique des formats est complexe et que la réflexion sur ce point n’en est que dans ses premiers stades.


Enfin, une question bien connue fait surface : l’open data est-il une opportunité ou un danger pour les institutions publiques et les sociétés qu’elles régissent ? Sur ce sujet, une ligne de fracture transatlantique semble apparaître : les américains, plus avancés dans le processus d’ouverture des données publiques, seraient également plus optimistes quant à leur potentiel pour l’avancement de la société. Si plusieurs intervenants s’impatientent de voir les plateformes open data se multiplier dans le monde de manière exponentielle, d’autres rappellent que les début du mouvement open data aux Etats-Unis, et notamment les 18 mois suivant l’ouverture de la plateforme data.gov, furent marqué par une bataille féroce des défenseurs de l’open data pour souligner ses mérites, aujourd’hui acceptés par tous.


Nigel Shadbolt, auteur d’une contribution très remarquée, soulignera plus tard que l’open data ne peut se généraliser qu’avec une bonne dose de volonté politique (ce dont il a bénéficié, avec Sir Tim Berners-Lee, au Royaume-Uni), d’expériences pratiques et donc… de temps. La bonne nouvelles pour les soutiens de l’open data, c’est qu’une fois les données ouvertes, et contrairement à ce qu’attendaient les sceptiques, aucun cataclysme ne se produit. Reste encore à faire la preuve qu’elles peuvent apporter une valeur substantielle, ce que s’attachera à faire un prochain billet !

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